Un ouvrage d’un siècle et demi

C’est un viticulteur de Meyas, ayant des vignes au Mitan, qui m’a fait remarquer l’inscription « 1861 » que porte la pierre qui sert de clef de voûte au pont qui, sur le chemin des Muyois enjambe le ruisseau dit du Gros Vallat, celui qui descend depuis les Grands Esclans, et vient se perdre dans la plaine du Mitan.

Détail intéressant puisqu’il permet de dater l’ouvrage, et de vérifier que celui-ci remplit son office depuis près de 150 ans !
Intéressant alors de prendre quelques repères pour connaître le contexte de l’époque.

Que se passait-il en 1861 ?

Dans le monde l’évènement majeur est la guerre de sécession qui fait rage aux Etats-Unis.
En France, on est sous le second empire et Napoléon III règne sur le pays, c’est aussi cette année là qu’une femme obtient pour la première fois le baccalauréat.

Dans le Var, le département vient d’être redécoupé.

En  1860, l’annexion à la France du Comté de Nice a amputé le Var de sa partie orientale, celle qui constitua l’arrondissement de Grasse dans le département nouvellement créé des Alpes-Maritimes.
C’est la raison pour laquelle la rivière « Var » qui a donné son nom à notre département coule depuis lors…… dans le département voisin.
C’est aussi l’année ou Draguignan, chef-lieu depuis 1797, est reliée à Paris par le télégraphe électrique et compte 10 000 habitants.

A La Motte, la population compte 875 habitants, et Etienne Reynier, en est le Maire récemment élu en 1860. Est-ce lui et son conseil municipal qui décident de faire bâtir un pont au Mitan ? Un ouvrage plus ancien était il déjà en place ?
Notre curiosité historique s’est arrêtée là.

La consultation des archives communales apporterait sans doute plus de détail. Si l’un de nos lecteurs veut s’y coller….
La RD47, actuelle route de Bagnols ne devait pas exister puisque l’on parle aussi d’un ancien chemin de La Motte à Bagnols dont le tracé se situe bien plus haut, vers St Roman d’Esclans et les Demoiselles (St Michel d’Esclans).
Pour venir du Muy on empruntait sûrement l’actuelle piste dite de la Rimade, dont le prolongement naturel a donné son nom à l’actuel « chemin des Muyois »….
Celui là même sur lequel est édifié notre fameux pont du second Empire.
Voilà en tout cas un ouvrage qui continue de relier La Motte au Mitan, hameau éternellement tiraillé entre le Muy et La Motte.
A noter que le dimensionnement est resté le même, l’essentiel du trafic s’effectuant aujourd’hui par les RD 25 (Route de Callas) et RD47 (Route de Bagnols).
Les Mottois de l’époque, avaient ils eu peur de perdre, la partie orientale de leur commune: Le Mitan, à l’identique des varois qui venaient de perdre la partie Est de leur département ?
Sauf que le ruisseau du «Gros Vallat », sans vouloir blesser l’orgueil des Mitanais, n’est quand même pas le Var.

Mais les richesses du Mitan sont sans doute comparables à celles du Comté de Nice !

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